La gamme d’automne

En analysant nos ventes et en les corrélant avec ce que vous nous avez dits au cours de nos dégustations nombreuses de cet été, nous avons imaginé une nouvelle gamme d’automne.

Il y aura des épices car vous les plébiscitez. Il y aura forcément de l’agrume qui est un produit de saison (William ne plaisante pas avec les agrumes). Il y aura beaucoup de noix, de macadamia, de coco, de cacao. Des saveurs de fin d’été avec l’ananas et des saveurs chaudes de fin d’année avec la cannelle et la muscade.

Découvrez les dans la section gamme saisonnière de la boutique !

A l’assaut !

Recroquevillé dans sa cachette, armé d’une noix de coco dans sa main gauche et d’une machette dans sa main droite, il ne fallait pas attaquer quand William fait la cuisine…

Depuis un an William teste et reteste ses rhums arrangés sur ses camarades d’équipage. L’heure est grave trois comas éthyliques, un cancer de l’estomac, deux ciroses et un alcoolisme chronique à tout les niveaux de cale et de cabine.

Maintenant que ses cales sont pleines, William ne laissera pas aborder son vaisseau, mais qu’il est dur de le défendre quand tout ses équipiers sont en train de roupiller. Il va vraiment falloir faire du vilain. William n’a pas d’autre choix que de s’abandonner à sa violence la plus sombre. Il n’y aura pas de quartiers et il ne fera pas de prisonniers.
Depuis le 19 septembre 2016 c’est officiel, les rhums William sont disponibles à la vente. Au programme séries limitées, épices, agrumes rares (vivement novembre mes amis), des fruits enivrants, des idées lumineuses et ces petits je ne sais quoi sous la langue qu’on ne reconnait pas et qu’est-ce que c’est bon !

J’ai bien connu William

Charles traînait sa béquille. Il écarta la chaise et se laissa choir durement. Il planta ses coudes sur l’épaisse planche et me dit entre un postillon et une pestilence :

« J’ai bien connu William.
C’était un gaillard, un jeune Malgache. Il travaillait le bois quand il ne rêvassait pas. C’était un calme, pas du genre à causer des problèmes, faut juste pas être en face de lui lors d’un assaut.
Tu vois les autres hommes, ce sont des bêtes, ils montent à l’assaut le couteau entre les dents et la peur au ventre. William il cogne, c’est comme ça, c’est normal. Quand c’est la bagarre il fait la bagarre. Je l’ai vu défoncer la tête de douze Espagnols avec la crosse de son mousquet enrayé. J’en ai fait des cauchemars pendant des mois et pourtant j’en ai vu.

Qu’est-ce que tu veux que je te dise d’autre ? Les femmes ? Oui, pas plus que ça. Des belles souvent, des douces toujours et elles tombaient amoureuses. Mais William il a un destin. Il voit par-delà les gens. Quand il te parle il regarde à travers toi. Il voit un monde qu’on ne voit pas et il n’en parle jamais.
J’ai passé une nuit de bamboche avec lui. Il m’a fait boire une liqueur. Un truc que j’oublierai jamais. je le sentais couler dans ma gorge, mais ce n’était pas un tord-boyaux. C’était une chaleur qui me remplissait et courrait vers mes membres. J’ai vu des îles que je n’avais jamais vues encore. J’étais sur une plage blanche. Un grain s’est levé, j’ai été raflé par une vague, j’ai bu la tasse entre des monstres marins. Le poulpe …  »

Charles se leva, saisissant sa béquille, il criait et hurlait : « Le poule, les dents du poulpe qui me menacent, je n’ai pas peur de toi, poulpe, gluant poulpe; j’esquive, poulpe, j’ai un couteau avec des dents moi aussi !  »

La salle s’était entièrement tue, Charles nous regardait d’un oeil farouche. Dans la pénombre je regardais sa main libre. Dans l’ombre je ne la distinguais plus. Avait-il un couteau? Je m’enfonçais dans l’ombre moi aussi et sortis de la taverne.

Mais qui est William?

William, William ? Où est-il encore, il me délaisse? Il en voit une autre j’en suis sûre. Grrr, satanés pirates. S’il revient je lui coupe les choses.

William? William je l’ai vu, il est descendu à la plage cet après-midi, mais je ne l’ai pas revu depuis. Zanahary seul peut le voir tout le jour.

William, William, William, William revient toujours. Reviens vite William, je t’attends.

William? William? Si je le recroise ce William, je le passe par les armes. Il me doit vingt mille pesos que je lui ai prêtés pour affréter un navire. Comment peut-on lâcher vingt mille pesos sur une inconnue? Je vous le demande, mais qu’a-t-il dans la tête ce nègre?

William, William, si je te trouve !

William, William, si je te touche …

William, William (criant) William ! Continuer la lecture de « Mais qui est William? »

Comment William devint pyrate

C’était un jour paisible de janvier. L’océan était calme. Le poisson peinait à mordre. Il faisait doux. William et ses amis avaient obtenu le boutre de leur oncle pour aller en mer.

Sur les coups de dix heures, ils virent apparaître un navire. Le navire vint à eux. C’était une frégate anglaise sans pavillon. Arrivée à proximité de William, la frégate hissa le Joly Roger. William se tenait droit face aux cinq pirates qui descendirent sur le boutre, et William les suivit, ainsi que ses deux acolytes.

À bord les pirates se préparaient à la bamboche. Un assaut serait-il nécessaire ou seraient-ils accueillis à bras ouverts par des autochtones accueillantes ? Et le musicien de bord jouait un air galicien, tandis que les discussions allaient bon train.

William et ses amis passèrent à la question pour savoir comment étaient les côtes et comment était la population locale. William n’entendait goutte à l’Anglais, ni au Français non plus, on résolut donc de les attacher à un mât pour savoir si par miracle ils entendraient une langue civilisée. La patience des pirates ayant été dépassée, l’équipage décida tièdement de les passer sur la planche, ce qui, à défaut d’une utilité réelle, les distrairait un peu. William n’opposait que peu de résistance, étonné par les accents, la musique, les coutumes et les accoutrements de ces hommes venus de la mer.

Comme les délibérations avaient tardé, faute de quorum suffisant, le soleil offrait son plus beau coucher sur une côte luxuriante, et quand le navire se fut enfoncé dans le sable, William tomba de la planche. Ses amis prirent leurs jambes à leur cou. William restait là face au navire anglais. Les pirates le détachèrent. Ils le nourrirent le soir, lui offrirent le gîte la nuit et William devint pirate.

Mon nom est William Andrianamitendrenanizazandranomasinabe. J’ai vingt-deux ans, je suis charpentier à bord du Lucky, mon capitaine est Humphrey Pattison, nous naviguons sur une frégate rapide et légèrement armée. Nous sommes vingt-sept marins et nous voguons vers les Caraïbes, je regarde Table Mountain. On me dit que c’est le début de trois mois de traversée et que le paradis est au bout.