Comment William devint pyrate

C’était un jour paisible de janvier. L’océan était calme. Le poisson peinait à mordre. Il faisait doux. William et ses amis avaient obtenu le boutre de leur oncle pour aller en mer.

Sur les coups de dix heures, ils virent apparaître un navire. Le navire vint à eux. C’était une frégate anglaise sans pavillon. Arrivée à proximité de William, la frégate hissa le Joly Roger. William se tenait droit face aux cinq pirates qui descendirent sur le boutre, et William les suivit, ainsi que ses deux acolytes.

À bord les pirates se préparaient à la bamboche. Un assaut serait-il nécessaire ou seraient-ils accueillis à bras ouverts par des autochtones accueillantes ? Et le musicien de bord jouait un air galicien, tandis que les discussions allaient bon train.

William et ses amis passèrent à la question pour savoir comment étaient les côtes et comment était la population locale. William n’entendait goutte à l’Anglais, ni au Français non plus, on résolut donc de les attacher à un mât pour savoir si par miracle ils entendraient une langue civilisée. La patience des pirates ayant été dépassée, l’équipage décida tièdement de les passer sur la planche, ce qui, à défaut d’une utilité réelle, les distrairait un peu. William n’opposait que peu de résistance, étonné par les accents, la musique, les coutumes et les accoutrements de ces hommes venus de la mer.

Comme les délibérations avaient tardé, faute de quorum suffisant, le soleil offrait son plus beau coucher sur une côte luxuriante, et quand le navire se fut enfoncé dans le sable, William tomba de la planche. Ses amis prirent leurs jambes à leur cou. William restait là face au navire anglais. Les pirates le détachèrent. Ils le nourrirent le soir, lui offrirent le gîte la nuit et William devint pirate.

Mon nom est William Andrianamitendrenanizazandranomasinabe. J’ai vingt-deux ans, je suis charpentier à bord du Lucky, mon capitaine est Humphrey Pattison, nous naviguons sur une frégate rapide et légèrement armée. Nous sommes vingt-sept marins et nous voguons vers les Caraïbes, je regarde Table Mountain. On me dit que c’est le début de trois mois de traversée et que le paradis est au bout.